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La célèbre péninsule du Québec, mérite définitivement sa renommée et son nom (Gaspé, vient de Gaspeg signifiant « Bout du monde » en Micmac) . Après une expérience plutôt humide dans le parc national de la Gaspésie et deux jours de route, nous découvrons à présent le parc du Forillon. Véritable moment fort dans notre début de roadtrip, ce lieu a quelque chose de magique. Au programme : randonnée aux aurores, leçon de vie et rencontre avec un ours noir.

Après la pluie, le beau temps

Encore une pseudo citation à la noix, vous allez nous dire ! Rien n’est moins faux. Pourtant, quitter avant-hier Cape Seize, ses moustiques et son humidité nous a revigoré comme jamais. À peine la route 132 retrouvée, voici que le soleil illumine la mer comme jamais. Pour information, cette route côtière longe la Gaspésie, du fleuve Saint-Laurent à la côte Atlantique. À la manière d’un petit sentier balisé, nous la suivons depuis Québec : c’est elle qui nous conduira au Nouveau-Brunswick.

Après un bref stop à Sainte-Anne-des-Monts pour faire le plein de vivres et laisser sécher nos affaires au soleil, nous avons roulé une bonne partie de la journée. Se remettre en mouvement : quel sentiment de liberté. Plus les kilomètres défilaient au compteur, plus nous avions l’impression que l’air chaud qui s’engouffrait à travers les fenêtres, enlevait toute cette moiteur qui nous avait tant collé à la peau, ces derniers jours.

Une histoire de griffon et de pizza

Le soir, une fois arrivés à l’Anse-au-Griffon (la légende veut que les pêcheurs qui vivaient ici autrefois, aient aperçu d’étranges oiseaux surplombant les falaises, qui ressemblait bizarrement à ces célèbres créature mythologiques), nous avons fait une entorse à notre modeste régime. Au menu : pizzas au pesto et aux saucisses gaspésiennes dans un petit restaurant local. Autant vous dire que ce repas fut apprécié au plus haut point : notre premier repas chaud de la semaine !

Stuck in the woods

Hier matin, c’est donc avec une motivation nouvelle, que nous nous sommes remis en chemin. La route, toujours longeant le Saint-Laurent et qui mètre après mètre devenait un peu plus océan, continua de nous offrir de magnifiques paysages. Bientôt, une bifurcation vers le secteur nord du parc du Forillon s’imposait – quand bien même notre niveau d’essence devenait critique. Pour le 150ème anniversaire du Canada, l’accès à ce parc national est gratuit : faire un petit crochet nous paraissait donc valoir le détour.

Une première côte avec une inclinaison de 10%. Le moteur gronde comme jamais. L’aiguille de niveau descend à vue d’œil. La pente, qui suivait immédiatement et les voitures qui nous collaient, empêchait tout demi-tour. En bas de cette descente, nous apercevons alors horrifiés, une seconde côte : cette fois-ci de 15%. Malgré nos 20 kilomètres-heure et les hurlements du moteur, la côte fut franchie avec succès !

Ce n’est qu’après une jolie halte à contempler les superbes paysages qu’offrait le Cap Bon Ami et à observer les nombreuses espèces d’oiseaux nicheurs (Cormoran, Fou de Bassan, Pingouin torda, autres…) qui allaient et venaient sur la falaise, que nous nous sommes rendus à l’évidence : impossible de démarrer notre bon vieux Bob – il n’y avait plus d’essence dans le réservoir.

Transformer un problème, en opportunité ?

Après une petite heure à stresser et à chercher en vain une solution (appeler la dépanneuse ou bien arrêter la prochaine voiture), nous avons opté pour une encore plus simple : ne rien faire. Si dormir la nuit dans les parkings à l’intérieur des parcs nationaux, n’est malheureusement pas autorisé, nous nous avons réalisé que nous avions maintenant la parfaite excuse pour y séjourner la nuit – (plus sérieusement : la nuit tombait et plus aucune voiture ne passait à cette heure-ci).

C’est donc avec l’idée de tirer le meilleur parti de cette mauvaise expérience, que nous avons facilement trouvé le sommeil – malgré quelques bruits sauvages aux alentours (un passant nous avait alors vivement conseillé d’éviter de sortir la nuit pour aller aux toilettes, au risque de croiser un ours…).

Rencontre avec un Ours noir

Ce matin, réveillés à 4h30 par les premiers rayons du soleil et le chant des oiseaux, nous ne pouvions pas résister à l’appel de la nature. Quelques fruits dans un sac, une grande bouteille d’eau et notre paire de chaussures de randonnée aux pieds : nous nous sommes mis à l’ascension du Mont-Alban (qui dominait alors notre van) et de sa plateforme panoramique à 360°. Entre pèlerinage et osmose avec la nature, cette randonnée était simplement magique. Les sens aux aguets (nous espérions toujours croiser des orignaux depuis le parc national de la Gaspésie), c’est avec ébahissement que nous assistions émerveillés, au réveil de la forêt. Des odeurs tantôt boisées, tantôt fruitées, venaient nous caresser les narines.

Si la vue de la plateforme en bois était à couper le souffle, y prendre notre petit-déjeuner nous a encouragé à continuer cette petite promenade.

De retour à la civilisation, nous nous rendons compte à quel point cette expérience nous a enrichis

Nous étions au cœur de la forêt, en direction de Petit-Gaspé, lorsque nous le vîmes. À même le petit sentier, nous faisait face un ours noir adulte. Éloignés seulement une vingtaine de mètres, nous nous sommes alors observés mutuellement, immobiles, pendant deux longues minutes. Est-ce que nous avons eu peur ? Oui. Dans ces moments-là, on se fait généralement tout petit. Équipés d’une bombe de gaz poivré anti-ours, à la main, celle-ci nous a suffisamment rassuré pour décider de continuer notre chemin – une fois l’ours retourné dans la forêt, comme lassé de notre présence.

Petit-Gaspé : un village de pêcheurs, abandonné

C’est seulement, arrivés à Petit-Gaspé, situé sur la côte Sud de la péninsule, que nous avons alors réalisé l’intensité de ce que nous venions de vivre. Et de la chance que nous avons eu : l’ours aurait pu décider de s’approcher. Sur ce petit port, où deux pêcheurs avaient lancé leur ligne, un couple de marmottes se prélassait tranquillement sur les galets de la plage.

Sur les hauteurs, un petit village de pêcheurs avec d’anciennes maisons et granges abandonnées, témoignait les traces d’une époque révolue. En bois, avec leur peinture de couleur délabrée et leur petit balcon face à l’océan : la randonnée Les Parages, est un véritable saut dans le temps.

Il est 8 heures, les touristes commenceraient bientôt à se rendre au Cap Bon Ami, et il nous fallait trouver maintenant de l’essence. Le doux clapotement des vagues, les chants de drisses qui cognent contre les mâts des bateaux et la vapeur qui émanait de la végétation, nous imploraient de rester encore un peu plus longtemps.

Un petit village de pêcheurs avec d’anciennes maisons et granges abandonnées, témoignait les traces d’une époque révolue. En bois, avec leur peinture de couleur délabrée et leur petit balcon face à l’océan

On se remet en route !

De retour sur le parking, juste après avoir croisé un porc-épic à peine réveillé, trouver de l’essence n’a pas été compliqué. Quelques litres pour nous dépanner, quelques litres pour nous rendre à la station-service la plus proche. Ce soir à Gaspé, de retour à la civilisation, nous nous rendons compte à quel point cette expérience nous a enrichis. À quel point il convient de se détacher de tous ces problèmes matériels qui peuvent survenir, pour revenir à l’essentiel : un roadtrip, ce n’est pas une simple histoire de van (no offense, Bob ;), mais simplement d’état d’esprit.

Le Forillon restera pour nous, cet endroit magique où la nature est criante de vie et d’odeurs. Le « Bout du monde » nous aura appris une précieuse leçon de vie, qui nous l’espérons, ne s’oubliera pas de si vite.

Notre itinéraire détaillé :

Nos points de chute :

Jour 7 : Parking du Centre Culturel

Jour 8 : Parc national du Forillon

Jour 9 : Gaspé

→ Notre article précédent : Jour 6 – Quand la météo fait des siennes

Jour 9 : Rencontre avec l’inattendu
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Pierre

Auteur Pierre

Co-fondateur de The Roadtrippers, passionné de grands espaces, d'aventures et de modes de vie alternatifs !

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