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La première partie de notre roadtrip fut relativement riche en déplacement, notamment en Gaspésie et à Terre-neuve. C’est avec notre passage par les Montagnes Rocheuses, puis notre petit séjour de trois jours au lac Kinbasket, que nous avons réalisé à quel point il nous manquait quelque chose de fondamental.

Prendre du temps pour soi et profiter de l’instant présent, plutôt que systématiquement vouloir se rendre autre part. Maintenant que nous sommes arrivés à Vancouver, une évidence nous frappe : la seule fois que nous nous sommes sentis vraiment en vacances, depuis le début de cette aventure de 90 jours, a été lors de notre séjour à Lillooet.

La nouveauté, au centre du déplacement

Le mouvement possède quelque chose d’addictif. Comme si, par le déplacement, on fuyait une routine qui venait s’installer. Cherchons bien. Pourquoi avoir envie de s’échapper à la montagne le temps d’un week-end ? Pourquoi passer ses vacances à l’autre bout du monde, plutôt que de simplement rester chez soi ? Pourquoi rêver d’un ailleurs ?

Probablement parce que nous avons cette impression, que le mouvement va apporter du renouveau. Un nouvel élan d’inspiration dans notre quotidien. Et ce n’est pas vraiment faux, finalement. Nouveaux paysages, nouveaux environnements, nouvelles rencontres ou même sentiment d’activité (et donc de contrôle de notre vie) : se déplacer nous renvoi à nos origines nomades.
Arpenter la Terre pour survivre, arpenter la Terre pour vivre.

Le bonheur, est-il vraiment dans le mouvement ?

Mais si derrière cette excitation éphémère et cette véritable quête du mouvement, le bonheur acquis n’était pas vraiment durable ? Qui, en revenant d’un séjour à l’étranger, n’a pas soudainement souhaité repartir dans les jours/semaines/mois qui suivent ? Le déplacement appelle le déplacement.

Lors de notre road-trip au Canada, nous avons suivi avec ferveur, ces pulsions (que l’on appelle également « Envie de découvertes »). Celles-ci nous ont conduits dans des endroits, tous, plus beaux les uns que les autres. Elles nous ont fait rencontrer des gens formidables et bienveillants. Avec elles, nous avons roulé sur les plus belles routes canadiennes, prenant forme dans le vent chaud qui s’engouffrait dans notre véhicule et venait fouetter nos visages. Finalement, elles sont à l’origine même de toute la beauté de cette expérience.

Le mouvement, à l’origine même de toute la beauté de cette expérience au Canada.

Mais le roadtrip est aussi une source de fatigue

Mais à la fin de ce périple, une fois avoir atteint l’Océan pacifique, que reste-il ? Une envie de continuer et de se remettre en chemin, mais quoi d’autre ? Une envie de calme : une envie de simplement prendre le temps de vivre.

Plus les semaines passèrent, et plus un sentiment de fatigue est apparu. Fatigue de trouver un nouvel endroit pour se garer chaque soir, fatigue d’une alimentation frugale, fatigue d’une hygiène de vie précaire : bref, tout simplement fatigués de ce mouvement incessant.

Peut-on vivre continuellement sur les routes ? Faire de son roadtrip, un roadmovie sans fin ? Peut-être bien, mais derrière ce mode de vie qui fait rêver certains, cette expérience nous a permis d’entre-apercevoir ses arcanes comme ses zones d’ombre.

La vie en van pour se ressourcer

C’est lors de ce dernier séjour d’une semaine à Lillooet, que nous avons pris conscience de cette évidence : roadtrip et vanlife ne doivent pas être confondus. Ces deux aspects, à la manière des deux cotés d’une pièce de monnaie, se compensent, s’équilibrent et se complètent. Un peu comme le yin et le yang, finalement.
Après tout, rien de tel que la chaleur lorsqu’on a froid et la fraîcheur lorsqu’on à chaud.

Le roadtrip apporte ce vent de nouveauté, grisant qui nous fait nous sentir libres, vivants et plein d’énergie.

La vie en van, elle, nous rapproche de l’instant présent et de la simplicité de vivre. Du calme et de la sérénité.

L’équilibre du roadtripper

Faire de sa vie un voyage, est un beau rêve : un bel objectif de vie. Nous ne sommes certainement pas les premiers à le partager, ni ne seront les derniers – l’Homme a toujours aspiré au changement.

Mais pour faire durer ce mouvement si demandant en énergie, sans se faire consumer : il convient de l’équilibrer avec une bonne dose de simplicité et d’instant présent. Et quoi de mieux qu’un stop dans un endroit inspirant, entre chaque road-trip, pour se recentrer et se reconnecter à notre environnement ?

Car le bonheur est autant dans le mouvement, que dans ses pauses.
Comme il est autant dans l’ailleurs, que le présent.

 

Notre itinéraire :

Nos points de chute :

Jour 74 : Whistler – Parking Lot 5

Jour 75 à 90 : Vancouver – Centre Ville

Notre article précédent : Jour 73 – Le paradis existe, il s’appelle Lillooet.

Jour 90 : Une arrivée, entre fatigue et déclic
Votre avis

Pierre

Auteur Pierre

Co-fondateur de The Roadtrippers, passionné de grands espaces, d'aventures et de modes de vie alternatifs !

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Rejoindre la discussion 6 Comments

  • Marine dit :

    J’ai beaucoup aimé ces quelques mots sur le roadtrip en van.
    Je n’ai jamais testé. Ce gain de liberté laisse vraiment rêveur. Mais il est sûr qu’un bon équipement et pas mal d’anticipation permet sûrement de se sentir toujours bien sur la durée du trip.
    Jolies photos en tout cas !

    • Camille dit :

      Merci beaucoup 🙂
      Oui, c’est certain. C’est en testant qu’on se rend compte de ce qui nous correspond mieux sur le long terme.
      Et cela en vaut vraiment le coup, ce sentiment de liberté est précieux 🙂

  • Lydia dit :

    magnifique article, les photos le sont tout autant

  • C’est très vrai tout ça et très inspirant ! On vit en ce moment-même cette période de « pause », et il est vrai que c’est assez difficile à vivre à cet instant. Après être revenu de voyage en septembre, tout a été nouveau encore une fois : un nouvel appart, une nouvelle ville, un nouveau boulot, tout était changeant et on a pas trouvé le temps de s’ennuyer ou même de réflechir. Maintenant qu’on est posé, dans notre « routine » finalement, on se prends en pleine face le contrecoup du retour, qui nous avait doucement épargné jusque là face à toute cette nouveauté. On vit assez mal cette « stagnation », le fait de devoir resté au même endroit pendant de longs mois, sans avoir la possibilité de continuer notre route. Alors on s’adapte, on prends sur nous en sachant que ce n’est que provisoire avant le prochain départ. Et pourtant sur la route, nous nous prendrons à rêver d’un grand canapé et d’un petit appartement douillet comme nous avons actuellement. C’est très paradoxal tout ça, et comme tu dis quand on a quelque chose ou que l’on vit quelque chose, on pense toujours à l’après.

    • Pierre dit :

      Merci pour ton commentaire et ton témoignage 🙂
      Les périodes de retour sont effectivement bien difficiles, lorsqu’on a goûté à autant de liberté. Nous ne nous sommes jamais sentis autant confinés, qu’une fois rentrés en France – comme quoi ce n’est pas la taille de l’espace aménagé dans le van qui compte vraiment…
      Après, comme tu dis : les choses qui nous font envie, sont souvent celles que l’on a pas. Dans un sens, nous nous servons de cette frustration, directement liée à notre sédentarité, pour organiser nos futures escapades. Plus t’en accumules, et plus tu bénéficies d’élan pour te lancer dans un roadtrip encore plus long 😉

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