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Parfois, on a beau y mettre du sien : la vie et les concours de circonstance peuvent très bien en décider autrement. Et c’est un peu ce qui s’est passé, durant cette première partie de traversée. Malgré l’enthousiasme débordant d’énergie que nous avions en quittant Montréal et ses alentours, un imprévu nous a très vite forcés à déchanter. Vous vous en doutez : Bob, notre vieux Dodge Ram Van de 1985 en a encore fait à sa tête.

En route !

Quel sentiment de liberté, en nous éloignant de Montréal ! Nous étions de nouveau dans notre élément. De grandes routes droites, bordées de pins. De la végétation à perte de vue. Des odeurs sucrées et florales qui s’engouffrent dans le camion, à peine les vitres ouvertes. Le vent qui vient nous ébouriffer les cheveux. Le soleil qui chauffe les parties découvertes de nos bras et de nos jambes. Pas de doute : nous sommes devenus littéralement addicts aux roadtrips. Et nous ne parlons même pas de ce sentiment grisant, lié à la vitesse et au mouvement !

Premier stop : Rouyn-Noranda

En décidant de ne pas passer par Ottawa, nous avons fait le choix de nous extraire le plus rapidement possible de la civilisation. Avec ses petites collines verdoyantes, la route qui mène au Mont-Tremblant est magnifique. Nous respirons enfin.

Sans même prendre le temps de nous arrêter à Val-d’or, nous suivons la route 117 jusqu’à Rouyn-Noranda. Nous y resterons trois nuits pour travailler. Garés juste en face du lac Osisko, le beau temps en soirée nous permet de pique-niquer devant une vue tellement plus reposante, que celle des derniers jours que nous avons passé !

Poisse & Journée Noire

Ce n’est que le lendemain, que les choses se gâteront pour nous. Le premier signe ? À peine avoir roulés quelques dizaines de kilomètres, que nous essuyons une violente averse. Ni une, ni deux : nos essuie-glaces nous lâchent. C’est le joint des bras mécaniques qui vient de rompre (pour la deuxième fois depuis le début de ce road-trip). Rien de bien méchant : nous nous mettons en quête d’un Canadian Tire pour changer la pièce. Nous sommes prudents, nous roulons lentement, warning allumés. Après un petit détour d’une cinquantaine de kilomètres, nous atteignons la célèbre chaine américaine la plus proche. Mais impossible de trouver la pièce : il faudra faire sans, jusqu’à la prochaine grande ville qui se trouve 700 km plus loin, Thunder Bay.

La pluie s’est arrêtée. Nous retrouvons le sourire. Le calme avant la tempête, comme on dit.

Attention à l’essence

Rouler à travers le Canada, est aussi une affaire d’organisation et d’anticipation. Surtout avec un réservoir n’offrant que 300 km d’autonomie. Un bref coup d’œil sur Google Maps, nous apprend que la prochaine station-essence se trouve trop loin. Un détour s’impose : nous décidons alors de rejoindre une route un peu plus au Sud et moins fréquentée. À peine avoir quittés la route principale, que nous croisons un panneau indiquant qu’il reste 100 kilomètres à parcourir avant celle-ci. C’est jouable : d’après un calcul vite fait nous avons encore 150 kilomètres d’autonomie.

Mais ce ne sera pas l’essence qui nous mettra en porte à faux. Non : il s’agira de notre alternateur.

Une panne au milieu de nulle part

Les paysages défilent à vive allure : nous sommes arrivés à la moitié de cette route isolée. Quand soudain, gros moment de solitude : le moteur s’éteint en pleine montée.

Pour n’avoir croisés qu’une ou deux voitures depuis le début que nous avons emprunté la 631, nous réalisons alors que nous sommes dans la mouise jusqu’au cou.

Pas moyen de redémarrer.
Pas de réseau.
Pas de bande d’arrêt d’urgence.
Rien.

Ou plutôt si : avec la nuit qui tombe, moustiques et mouches sont de sortie. Cinq minutes dehors à pousser le véhicule au plus proche du bord de la route, suffisent pour nous faire dévorer.

Dormir sur le bas-coté ?

Nullement rassurés et sans voiture en vue, l’évidence nous frappe alors : nous allons devoir dormir ici. À une quarantaine de kilomètres du premier village à la ronde, entourés d’une forêt infestée d’ours et pratiquement en plein milieu de la route. Youpi.

Notre sommeil est agité, nombreux sont les camions de logistique qui nous frôleront à quelques centimètres, en nous klaxonnant. Ils doivent penser que nous faisons du camping. L’idée nous fait sourire nerveusement.

Puis dans un déclic, nous relativisons. Finalement, ce n’est pas le van le plus important dans un roadtrip, mais l’état d’esprit des passagers. Au pire, nous vendrons notre véhicule pour pièces et continuerons en vélo, s’il le faut !

Direction Hornepayne, en auto-stop !

Le lendemain matin, la poisse nous a quittés. Une heure ou deux suffisent à nous faire embarquer en stop, jusqu’au prochain village : Hornepayne. Là-bas, un garage automobile et du réseau téléphonique pour appeler l’assurance routière.

300$ de dépanneuse plus tard, le verdict tombe : notre alternateur est HS. Rien de grave, mais sans lui, l’énergie mécanique n’est plus transformée en énergie électrique. Autrement dit : plus de batterie.

Notre roadtrip au Canada en van, a failli prendre un tournant significatif, mais finalement le vélo : ce ne sera pas pour cette fois !

 

Notre itinéraire :

Nos points de chute :

Jour 37 : Rouyn-Noranda – Parking devant le lac Osisko

Jour 38 : Rouyn-Noranda – Parking devant le lac Osisko

Jour 39 : Rouyn-Noranda – Lac d’Alembert

Jour 40 : Bord de route sur la 631

Jour 41 : Hornepayne – Garage automobile

Notre article précédent : Jour 36 – Et si la ville n’était plus faite pour nous ?

Jour 41 : Un début de traversée pas si rassurant
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Pierre

Auteur Pierre

Co-fondateur de The Roadtrippers, passionné de grands espaces, d'aventures et de modes de vie alternatifs !

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